Parler du bien-être – niveau avancé B2.2 / C1

Dans cette émission diffusée sur France Inter en février 2019, des spécialistes de la santé et du marketing analysent la tendance du bien-être. Est-ce un choix personnel ou bien une injonction des médias ? J’ai choisi d’utiliser les 16 premières minutes de l’émission, ce qui est bien plus long que ce qui est demandé au DALF par exemple. L’idée est plutôt d’inciter les étudiants à écouter la radio en dehors de la classe. Il faudra donc demander aux étudiants d’écouter l’émission 1 ou 2 fois avant le cours et de préparer leurs réponses aux questions de compréhension orale. Pendant la leçon, on corrigera les réponses apportées par les étudiants et se consacrera aux questions de production orale et à l’exercice de vocabulaire.

Métro, boulot, quinoa : comment échapper à la tyrannie du bien-être ?

Source : émission de radio de France Inter

Comment échapper à la tyrannie du bien-être

https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-13-fevrier-2019

Date de publication de l’émission : 18/02/2019

Durée de l’écoute : 16 min (le document entier dure 35 minutes)

Niveau : avancé – B2.2 / C1

Objectifs : Parler du bien-être, de mode de vie sain. Débattre : adopter un mode de vie sain, est-ce un choix ou une injonction ?

Résumé de l’émission tiré du site de France Inter :

Bien manger, faire du sport, du yoga, se lever tôt et méditer pour être positif toute la journée. Quand les injonctions au bien-être deviennent une tyrannie, elles peuvent être contre productives. Peut-on être heureux sans faire de sport ? A-t-on encore le droit de manger au fast-food sans se cacher ?

Une fois n’est pas coutume, je vais vous raconter ma journée. Le matin, je me lève sur les coups de 6 h et je cours au moins 30 minutes. J’aime bien méditer un peu, en faisant mes étirements après la course. Sinon j’ai un gel douche, sans paraben bien sûr. À midi, je compte mes calories grâce à une application hyper bien faite, ça m’aide à manger sain.  Le soir deux fois par semaine je fais un peu de yoga. La piscine j’aime bien, mais il y a le problème du chlore. Toute cette hygiène de vie est indispensable, elle m’aide à rester optimiste et sourire à la vie, à rester aussi compétitive dans mon travail. Le bien-être c’est très important.

Ceux qui me connaissent doivent déjà avoir composé le numéro de SOS médecin. Je caricature, évidemment, les “madame parfaite” des magazines, (qui en plus ont des enfants qui mangent bio et un anti-ride naturel au quinoa), mais pour redevenir sérieux, le bien être est devenu dans nos sociétés une obsession, voire une tyrannie.  Evidemment, il faut manger sain et faire du sport, ne pas fumer, ne pas boire avec excès et se coucher tôt. On le met d’ailleurs dans toutes nos résolutions de début d’année.  Mais évidemment, il faut aussi y prendre du plaisir, et parfois ce n’est pas dans le mode d’emploi.

Le bien être devient un impératif moral. Si on coche toutes les cases du bien-être, qu’on nous sert dans les pubs et ailleurs, alors on est forcément quelqu’un de bien ! Sinon on nous fait culpabiliser, le bien être oublie le bonheur, et à la place nous voilà cernés d’injonctions. Pour les plus fragiles d’entre nous, ça se termine en troubles de comportement, alimentaire souvent, ou vers la dépression parfois.

Les invités : 

Benoît Heilbrunn, philosophe et professeur de marketing à l’école de commerce ESCP de Paris. Auteur de L’obsession du bien-être (Robert Laffont, à paraître le 14 février)

Irène Margaritis, chef de l’évaluation sur la nutrition et les risques nutritionnels à l’ANSES

Nicolas Sahuc, (par téléphone) Diététicien libéral et attaché au CHU Lapeyronie de Montpellier. Master 2 en philosophie pratique mention éthique médicale et hospitalière, spécialisé dans les troubles alimentaires et l’obésité

Questions de compréhension orale:

1/ Quelle est le ton de la journaliste dans sa présentation initiale ? Justifiez.

2/ La première auditrice est-elle favorable au développement du secteur du bien-être ? Pourquoi ?

3/ Pourquoi Benoît Heilbrunn oppose-t-il les notions de « bien-être » et « bonheur » ?

4/ Par quoi passe le bien-être selon Irène Margaritis ? Comment le justifie-t-elle ?

5/ Pourquoi la responsabilité pose-t-elle problème ?

6/ La recherche excessive du bien-être correspond surtout à a proportion du mal-être, donc plus on se sent mal, plus on cherche à aller bien selon un auditeur. Que répond Irène Margaritis ?

7/ Racontez l’expérience de Lucille, ancienne anorexique. Qu’est-ce que l’orthorexie ?

8/ Résumez l’intervention de Nicolas Sahuc (jusqu’à 10’45’’).

9/ Quelles recommandations fait-il à ses patients ?

10/ Pourquoi Magalie n’est pas d’accord avec le titre de l’émission « la tyrannie du bien-être » ?

11/ Que pense Benoît Heilbrunn de la vision du choix apportée par Magalie ?

Expressions de l’émission :

C’est assez symptomatique du malaise de la société à l’heure actuelle :

Se retrousser les manches :

Centré sur son nombril :

On est enjoints à :

Je vais prendre le contre-pied :

Chaque injonction à manger de manière saine constitue un frein à ma guérison :

Je me suis retrouvée acculée :

Il a une pénurie du sens :

Expression orale :

  1. La recherche excessive du bien-être correspond surtout à a proportion du mal-être, donc plus on se sent mal, plus on cherche à aller bien selon un auditeur. Etes-vous d’accord avec cette phrase ?
  2. Quelle différence faites-vous entre le bonheur et le bien-être ? Les deux sont-ils liés ou bien l’un est-il possible sans l’autre ?
  3. Considérez-vous que vous ayez un mode de vie sain (alimentation, activité physique) ? Expliquez. Y-a-t-il des produits que vous ne consommez pas pour cette raison ? D’autres que vous favorisez ?
  4. Avez-vous déjà eu un mode de vie particulièrement mauvais pour la santé ? Comment vous sentiez-vous ?
  5. Quelle est votre opinion générale sur le secteur du bien-être ? Est-ce une arnaque ? Une tyrannie ? Ridicule ? Nécessaire ?

Vous pouvez utiliser les arguments des invités de l’émission et donner votre avis.

CORRECTION DES EXERCICES :

Questions de compréhension orale:

1/ Quelle est le ton de la journaliste dans sa présentation initiale ? Justifiez. Elle est ironique, sarcastique. Elle fait une caricature d’une personne qui se met de « l‘anti-rides au quinoa », elle tourne donc en dérision (= elle ridiculise) les nouveaux soins et cosmétiques à la mode.

2/ La première auditrice est-elle favorable au développement du secteur du bien-être ? Pourquoi ? Le développement du bien-être à tout prix nous amène à être complètement autocentré alors qu’il faudrait au contraire regarder autour de nous et se retrousser les manches (= être actif, remédier aux problèmes).

3/ Pourquoi Benoît Heilbrunn oppose-t-il les notions de « bien-être » et « bonheur » ? On s’intéresse au bien-être quand on a abandonné l’idée d’être heureux. Le bonheur est un projet politique et collectif. Le bien-être est autocentré, solipsiste (qui qualifie la philosophie du solipsisme, un idéalisme poussé à l’extrême où le moi et ses sensations constitueraient la seule réalité).  C’est un refus de l’exploration du monde car on est centré sur ses sensations. Cela pose un problème de rapport à l’autre. C’est une façon de se couper de l’autre.

4/ Par quoi passe le bien-être selon Irène Margaritis ?  Comment le justifie-t-elle ? Cela passe par l’alimentation et l‘activité physique. On s’est rendu compte qu’en matière de santé publique, il y avait pas mal de problèmes et on a essayé d’identifier quels comportements seraient bénéfiques sans en faire une obsession.

5/ Pourquoi la responsabilité pose-t-elle problème ? Selon Benoît Heilbrunn, l’économie du bonheur repose sur la responsabilisation des individus, de leur dire « si tu n’es pas heureux, c’est de ta faute et donc tu dois faire le chemin spirituel, nutritionnel pour être heureux ». Il ajoute que ce qui créé de la valeur économique sur un marché, c’est la souffrance et le marketing des entreprises de bien-être jouent sur cet aspect. Le marketing est une technologie qui sert à fabriquer du bonheur. Or, en marketing, il faut d’abord montrer qu’on est malheureux pour proposer quelque chose d’aspirationnel (le bonheur) ou de sensoriel (le bien-être).

6/ La recherche excessive du bien-être correspond surtout à a proportion du mal-être, donc plus on se sent mal, plus on cherche à aller bien selon un auditeur. Que répond Irène Margaritis ? Concernant l’image du corps, on observe des comportements qui mènent à l’anorexie. On stresse son corps dans une quête d’image dont on pense qu’elle va nous permettre d’être heureux.

7/ Racontez l’expérience de Lucille, ancienne anorexique. Qu’est-ce que l’orthorexie ? En traitement à l’hôpital, elle a rencontré des patients qui à la recherche du bien-être ont perdu tout contrôle. Elle a découvert l’orthorexie qui est la recherche de manger sain jusqu’à l’obsession. La journaliste explique que dans ce cas, les aliments sont perçus comme malsains, on ne doit manger que les fruits très sains.

8/ Résumez l’intervention de Nicolas Sahuc (jusqu’à 10’45’’). Ses patients évoquent chaque jour leurs difficultés à recevoir les injonctions des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Twitter qui nous poussent à manger sain. Il nuance la définition de l’orthorexie qui est un trouble pulsionnel compulsif plus qu’un trouble alimentaire.

9/ Quelles recommandations fait-il à ses patients ? Il recommande à ses patients de couper court avec tous les comptes de fitness, les réseaux sociaux et sites internet qui demandent de perdre du poids.

10/ Pourquoi Magalie n’est pas d’accord avec le titre de l’émission « la tyrannie du bien-être » ? Elle pense que c’est un choix personnel d’améliorer sa santé et les changements sains qu’elle a pu mettre en place ont changé sa vie positivement. Grâce au yoga, elle a cessé des conduites addictives comme la consommation d’alcool. Elle est devenue végan puis végétarienne.

11/ Que pense Benoît Heilbrunn de la vision du choix apportée par Magalie ? Cela devient un problème quand le bien-être devient une injonction permanente. C’est une illusion de choix car la société nous enjoints en permanence à choisir ces choix-là. Les grandes marques avec leurs opérations de marketing y contribuent largement.

Expressions :

C’est assez symptomatique du malaise de la société à l’heure actuelle : cela démontre les problèmes de la société actuelle.

Se retrousser les manches : commencer à travailler, à faire une activité

Centré sur son nombril : centré sur soi-même

On est enjoints à : on est fortement encouragés à

Je vais prendre le contre-pied : je vais à l’encontre de ce qui a été dit / je vais donner une opinion différente de ce qui a été dit

Chaque injonction à manger de manière saine constitue un frein à ma guérison : chaque fois que je vois une publicité qui pousse à manger très équilibre, cela m’empêche de guérir, d’aller mieux

Je me suis retrouvée acculée : je me sentais forcée

juliezefrench

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